Vandales: un cabaret feministe.
Le monde du cirque a toujours été un espace de spectacle et de dépassement de soi. Mais derrière l’exploit, les femmes ont longtemps été prises dans un double mouvement — d’un côté, élevées en admiration — de l’autre, enfermées dans le regard qui les définissait.
Car nous vivons dans un double rapport au corps:
le corps intérieur: celui que nous habitons, intime.; et celui que le monde regarde, interprète, contraint. Et trop souvent encore, c’est ce regard extérieur qui dicte la manière dont nous apprenons à exister en nous-mêmes. Ce corps circacien de la femme, qui se dépasse jusqu’aux règles de la gravité même, reste soumis à ce regard social, qui limite et prédéfini, qui a trop longtemps réduit les femmes à de simples décorations.
Ne réunir que des artistes femmes dans l’arène, ce n’est pas exclure : c’est rééquilibrer. Car les femmes ne représentent encore aujourd’hui, qu’une minorité des castings de cirque.
Ici, ce corps cesse d’être ornement pour devenir langage. Ce soir, il ne se montre plus : il se raconte.
Et nous, nous regardons — non pas pour juger, mais pour être témoins. Car il existe autant de définitions du féminin qu’il y a de femmes sur terre.